07.11.2011

Théâtre de la Ville de Paris et Charlie Hebdo

Les actes de violence contre le Théâtre de la Ville de Paris qui ont visé le spectacle de Romeo Castellucci Sur le concept du visage du fils de Dieu ont été le fait de chrétiens intégristes.
L'attentat perpétré contre les locaux du Journal satirique Charlie Hebdo, à la veille de la sortie de sa Une Charia Hebdo provient d'individus issus des milieux islamistes radicaux.
 
Ces deux actes relèvent du fanatisme. Le contenu, le corpus d'une religion, serait décrété intouchable parce que sacré. Toute critique, dérision, moquerie ou encore caricature seraient interdites. Accepter cela,  reviendrait à introduire un délit de blasphème - ce qui est absolument inacceptable dans une république laïque et dans une démocratie. La liberté de conscience, la liberté de penser, la liberté d'expression  sont inaliénables.
 
La question n'est pas de discuter sur le bon ou mauvais goût de tel spectacle, ou de tel dessin. Se poser une telle question est même inacceptable car c'est déjà commencer à s'immiscer dans la liberté d'un créateur, d'un individu.

Chacun est libre d'aller ou ne pas aller voir un spectacle, chacun est libre s'acheter ou ne pas acheter un journal. Mais vouloir censurer, intimider, plastiquer une production intellectuelle est incompatible avec le droit fondamental de liberté propre à chacun. Autrement dit, les croyants n'ont plus qu'à tolérer toute critique parce que le droit de liberté s'impose à eux par une impérieuse nécessité.

Plus haut que tout précepte religieux, il y a la loi.  

Le principe constitutionnel de laïcité de notre République et la liberté d'expression sont des trésors dont chaque citoyenne ou citoyen est responsable, garant et défenseur.