27.02.2008
Promouvoir la laïcité
La Laïcité - telle qu'elle est affirmée dans l'article 1 de notre Constitution et telle qu'elle s'énonce dans la loi de 1905 - n'est pas négociable.
Qu'est-ce à dire ?
D'abord, qu'il n'y a ni à modifier la loi de 1905 ni à l'ajuster techniquement. Ces ajustements de nature technique, selon les propos du Ministre de l'Intérieur, sont, d'après les quelques informations qui filtrent au domaine public, des reprises des propositions du rapport Machelon. Or, ce rapport était inacceptable car sa réalisation détruirait la laïcité.
Ensuite, la laïcité n'est pas négociable car l'affaiblir revient à s'attaquer à la République. L'histoire de l'inscription de la laïcité dans nos lois est marquée par le fait qu'elle a été instaurée de haute lutte. Laïcité - diffamée par la papauté, le parti clérical , les tenants de la monarchie et l'extrême droite - elle appartient désormais à notre socle républicain issu de la Révolution française et des révolutions nécessaires pour retrouver ce chemin. La laïcité est nécessaire à notre pacte social. La laïcité est notre bien commun. Ce qui veut dire expressément que les citoyens ont pour devoir de la défendre lorsqu'elle est en péril.
Enfin, il s'agit paisiblement, sereinement, de la promouvoir là où elle a encore du mal à s'affirmer. Pensons aux problèmes que des médecins, infirmières etc... rencontrent à l'hopital , aux municipalités, aux universités etc... Mais aussi, pensons à l'Europe. Engageons-nous à l'expliquer aux Etats européens pour qu'ils la reprennent comme socle commun à l'identité européenne.
16:02 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
20.02.2008
Qu'est-ce que la laïcité ?
ou
pour en finir avec des opinions reçues et un certain révisionnisme historique
Revenons à la chose même aujourd'hui où de nombreuses expressions sont usitées sans être nécessairement pensées.
La laïcité est la séparation de l'Etat et des églises.
L'Etat est indifférent au religieux. Il reste muet quant aux choix que les particuliers en leur conscience font (ne pas croire/ croire). Il ne publie en aucun cas une vision qui aurait sa préférence pour des raisons historiques, sociales, ou stratégiques. C'est la condition nécessaire pour que la liberté de chaque citoyen soit garantie. La laïcité rend possible la liberté de conscience.
De cette indifférence dérive la neutralité de l'Etat. L'Etat ne privilégie aucune religion ; il ne reconnaît pas davantage les religions car il créerait ainsi une discrimination à l'égard des citoyens qui ne croient pas. La laïcité rend possible l'égalité entre les citoyens.
La liberté et l'égalité garanties par l'Etat permettent l'existence de la concorde entre les citoyens et ce sentiment rationnel se nomme la fraternité.
La laïcité n'est donc pas la tolérance des religions ni leur reconnaissance.
"Laïcisme" est un terme péjoratif et injurieux pour désigner la laïcité. "Laïcard" est une insulte à la personne attachée à la laïcité. Il n'est pas inutile de remarquer que ce sont des termes fréquemment employés par des clercs, des religieux, ou encore des croyants intolérants.
Il n'y a pas d' "intégrisme laïc" car la laïcité n'est pas une religion civile. Il y a par contre des intégrismes religieux. Les totalitarismes n'étaient pas des idéologies laïques, mais des contraventions à la laïcité. Dans l'histoire, des crimes ont été commis lorsque les religions ont voulu jouer un rôle dans la sphère publique. La laïcité n'en a commis aucun. Parfois, elle a dû fermement dire "force reste à la loi" quand précisément des encycliques papales condamnaient cette idée moderne.
La laïcité n'est ni "fermée" ni "négative" ; il n'y a donc pas à chercher à inventer une laïcité dite "ouverte" ou "positive".
La laïcité est le pilier de la République – ce n'est pas une opinion c'est un fait de l'histoire. La Révolution, en faisant disparaître l'Ancien Régime - fondé sur le droit divin - dont la religion d'Etat était le catholicisme, a fait apparaître une forme juridique que nous appelons la République.
12:05 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
17.02.2008
Professeurs de philosophie signez pour sauvegarder la laïcité !
Depuis mardi 5 février 2008 une pétition a été mise en ligne. Il s'agit d'un appel laïque : "sauvegardons la laïcité de la république" suite aux propos du Président de la République. Nombreuses sont les organisations , associatives ou syndicales qui appellent à pétitionner.
Depuis la mise en sommeil de la R.E.P. , nous n'avons pas jugé opportun d'intervenir dans le débat public. Aujourd'hui, nous considérons que ces propos sont suffisamment graves pour que je sorte de ma réserve en tant que fondatrice de cette association de professeurs de philosophie et ancienne présidente.
J'appelle par suite tous les professeurs de philosophie à signer et à faire connaître la pétition "Sauvegardons la laïcité de la République" qui est en ligne sur le site suivant www.appel-laique.org
Francesca Ferré, professeur de philosophie, lycée Paul Valéry - 75012
21:45 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Nouvelle Lettre ouverte des Maires
à adresser à
Maire de Dierrey-St-Julien
Place de la République
10 190 Dierrey-St-Julien
Nouvelle Lettre ouverte des Maires (28/09/07)
La circulaire du ministre de l'éducation nationale, Xavier Darcos, n°2007-142 du 27 août 2007 (NOR : MENF0701576C) en application de la loi n°2004-809 du 13 août 2004 impose aux communes le financement des dépenses de fonctionnement des écoles privées au titre de dépenses obligatoires, stipulant qu'en cas de désaccord de la commune sur les modalités de répartition le préfet fixera la contribution après avis du conseil départemental de l'éducation nationale.
Le Conseil d'Etat par un arrêt du 4 juin 2007 a annulé la précédente circulaire n°2005-206 du 2 décembre 2005 (NOR : MENB0502677C) au motif d'illégalité externe. Nous regrettons que le motif de fond n'ait été soulevé. Car nous considérons que les communes doivent financer uniquement les écoles publiques au titre de dépenses obligatoires. Nous considérons que les communes n'ont pas à prendre en charge les dépenses de fonctionnement des écoles privées décrites dans l'annexe de la présente circulaire Dans le milieu rural, les communes, pour conserver leurs écoles, font des efforts financiers particuliers dans le domaine du parascolaire (mise en place de cantines et de garderies). Elles ne peuvent supporter de nouvelles charges et refusent par suite de financer une seconde école, le plus souvent située hors du territoire de la commune et qui plus est privée.
Nous considérons que le principe de parité utilisé par le texte de la circulaire est impropre car il ne correspond pas à la réalité. En effet, l'inscription d'un enfant dans le public ou le privé relève de règles distinctes. D'abord, en raison de la liberté des familles à scolariser leurs enfants dans l'enseignement de leur choix, aucun Maire ne peut émettre un avis sur la scolarité d'un enfant dans le privé contrairement à l'inscription dans une école publique située hors de la commune. Ensuite, l'enseignement public étant gratuit requiert par nécessité le financement public des communes ; ce qui n'est pas le cas pour le privé. Enfin, dans la mesure des places disponibles, aucune école publique ne peut refuser la scolarité d'un enfant - ce qui n'est pas le cas pour le privé. Donner les mêmes moyens financiers au privé qu'au public revient à affaiblir l'école publique.
Nous considérons qu'il est contradictoire pour une loi de décentralisation, qui devrait en principe accorder plus d'autonomie aux collectivités locales, de mettre en place un dispositif de dépenses obligatoires et d'avoir recours au Préfet en cas de désaccord de la commune de résidence. L'autonomie des communes consiste à choisir librement les dépenses qu'elles inscrivent à leur budget. Il s'agit par conséquent là, d'une décision allant à l'encontre de la libre gouvernance des conseils municipaux.
Nous constatons enfin que l'enseignement privé sous contrat est souvent un enseignement de nature confessionnelle (à 90% catholique). Avoir recours à l'argent public pour financer une liberté d'usage privé porte atteinte à la loi de séparation des églises et de l'Etat, c'est-à-dire à la laïcité. Les écoles privées confessionnelles — fussent-elles sous contrat — n'ont pas à être prises en charge par les contribuables qui, par principe, sont considérés comme neutres et indifférents à la question religieuse.
Pour le bon équilibre des dépenses publiques des communes, au nom de la liberté des conseils municipaux à délibérer souverainement et au nom de la laïcité, il est demandé que l'article 89 de la loi n° 2004-809 du 13 août 2004 soit abrogé et que la nouvelle circulaire d'application de cet article soit retirée.
Nom du Maire + signature nom commune + cachet département
21:10 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Appel laïque
Nombreuses sont les organisations (associations, syndicats, mouvements philosophiques) à faire cet appel laïque en appelant à signer la pétition en ligne. Nous reproduisons ce texte ci-dessous :
Sauvegardons la laïcité de la République
Les organisations et personnalités signataires rappellent solennellement que, selon l’article 1er de la Constitution, la France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Ces quatre termes indissociables définissent des principes qui s’imposent à tous, au premier rang desquels le Président de la République. Or, les déclarations récentes de Monsieur Sarkozy, mêlant ses convictions personnelles et sa fonction présidentielle, portent atteinte à la laïcité de la République.
La mise en cause de ce principe constitutionnel indispensable à la paix civile est inacceptable. Depuis 1905, grâce à la loi de Séparation des Eglises et de l’Etat, la République assure à chaque citoyen la liberté de conscience, garantit sa liberté de croire ou de ne pas croire et de pratiquer le culte de son choix, de n’en pratiquer aucun ou de pouvoir en changer. Elle permet ainsi de vivre ensemble, dans le respect de chacun, quels que soient ses origines, ses choix philosophiques ou ses convictions religieuses.
Dans notre République et notre société multiculturelle, la diversité doit être richesse et non source de conflit. Pour cela, la laïcité, assurant l’égalité en droit des citoyens dans le respect des lois de la République, permet à la fois l’expression du pluralisme des convictions et la recherche de valeurs communes pour construire une communauté de destin.
Dans un monde aujourd’hui global et de plus en plus complexe, où se multiplient les voies d’accès à l’information et aux connaissances, et où explose la médiatisation des événements et de la pluralité des représentations du monde, seule la laïcité permet l’émancipation de tous en favorisant le libre accès au savoir et à la culture et le discernement de chacun pour un libre choix de vie, par une démarche rationnelle et critique faisant toute leur place au doute, à l’imagination et à la créativité.
C’est pourquoi, les organisations et personnalités signataires s’opposeront à toute tentative qui mettrait, de fait, en cause la laïcité par une modification du contenu de la loi de 1905. A l’heure où nos concitoyens éprouvent des difficultés et des inquiétudes croissantes, elles les appellent à promouvoir la laïcité comme une exigence partagée avec la ferme volonté de bâtir ensemble une société où la justice sociale assurera, quotidiennement, pour toutes et pour tous, la liberté, l’égalité et la fraternité.
www.appel-laique.org
21:05 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


